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Vous aimez Soulages, vous aimerez Rodez

Perchée sur son piton rocheux à 627 mètres d’altitude, la préfecture de l’Aveyron est entourée de nature. Depuis 2014, la ville accueille des équipements culturels de renommée internationale. Créé par l’agence catalane RCR, lauréate du prix Pritzker en 2017, le Musée Soulages propose un voyage immersif à travers quatre-vingts années de création, des premiers tableaux du maître de l’abstraction aux grands Outrenoir, dont une immense peinture verticale et intense, noire évidemment, réalisée à l’âge de 100 ans, en 2019.

Tout a commencé à Rodez, rue Combarel, où est né Pierre Soulages juste après la Première Guerre mondiale. C’était la rue des artisans, celle des tanneurs, des forgerons et des ébénistes qui teignaient leurs meubles avec des coques de noix, un pigment que Soulages utilisait souvent. Sa maison natale est désormais inoccupée. Il doit devenir une extension du musée, avec les archives du peintre et les résidences d’artistes. Bien qu’il quitte sa ville à 18 ans, se partageant entre Paris et Sète, Soulages y reste attaché. Lorsqu’il accepte finalement qu’un musée porte son nom, à condition que d’autres créateurs y soient également exposés, le projet est lancé. Le nonagénaire s’est mêlé de tout. Il dessine les allées du jardin attenant. Il a supervisé de près l’accrochage et bien sûr l’éclairage des œuvres, la lumière donnant toute leur puissance et leur subtilité aux tableaux, notamment ceux peints en noir, dont les stries captent et reflètent la lumière.

Geste humble et voyage en douceur

Le bâtiment est une réussite. Bas à l’horizon depuis l’avenue Victor-Hugo qui mène à la cathédrale, on le remarque à peine. Il ne s’agit pas d’une masse arrogante mais d’un geste humble et allongé. Côté ville basse, les grosses caisses en acier Corten, un métal qui se patine avec le temps, avec un effet rouille, semblent collées à la colline. A l’intérieur, un parcours sinueux explore l’œuvre du peintre, d’abord tenté par la figuration. Un petit format de 1934 représente trois arbres mis à nu par l’hiver. Mais très vite, dans les années 1940, Soulages embrasse l’abstraction lyrique, aux lignes brisées. Dans les années 1950, ses œuvres évoquaient la calligraphie japonaise.

Au cours des décennies suivantes, les Noirs ont gagné en pouvoir. Il semble manger la couleur et étouffer le blanc. La combinaison des bleus, des jaunes et des violets est somptueuse. Les grands formats impressionnent. Puis vint cette fameuse soirée de 1979 où Soulages connut sa révélation : « J’aime l’autorité du noir, sa gravité, son évidence et sa radicalité », il a dit. Durant vingt ans, il se consacre exclusivement à cette couleur, la plus lumineuse selon lui. Le polyptyque Peinture 162 × 724 cm, novembre 1996 s’apparente à un long travelling scintillant. Et pourtant, il n’y a que du noir.

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Lemonde Arts

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