Vu de l’étranger. La domination du RN, « ne vous y trompez pas, c’est historique »

«Il y a deux écrans géants, des faisceaux lumineux colorés et de la musique jouée à un niveau élevé », Décrit le BBC dans son émission en direct consacrée au premier tour des élections législatives françaises. Tout comme la journaliste de Temps Valérie de Graffenried, le média britannique diffuse la soirée en direct depuis Hénin Baumont (Pas de Calais), où 700 militants du Rassemblement national (RN) sont attendus pour célébrer les résultats de leur parti. Mais aussi ceux de Marine Le Pen.

La candidate battue par Emmanuel Macron à la dernière élection présidentielle vient en effet d’être réélue dès le premier tour dans sa circonscription du Pas-de-Calais, a-t-elle annoncé sous les applaudissements peu après 20 heures. « ont rendu un verdict final et ont confirmé leur aspiration au changement »a déclaré le président du parti d’extrême droite, Jordan Bardella, depuis la salle Wagram à Paris.

Crédité de 33 à 35% des suffrages exprimés, le RN et ses alliés peuvent déjà envisager « une forte majorité relative, voire une majorité absolue à l’issue du second tour dimanche prochain »expliquer La météo.

Selon le reportage en direct du journal allemand Le Temps, la victoire du Rassemblement National (qui pourrait obtenir entre 240 et 310 sièges dans la future Assemblée Nationale selon les premières projections) « était attendu »Mais pour la presse étrangère, cela reste important. « Ne vous y trompez pas, c’est historiquespécifie le BBC : Le Rassemblement national n’avait jamais remporté le premier tour des élections législatives auparavant. Et comme indiqué Politique Europe, l’extrême droite « n’a jamais été aussi proche du pouvoir et de former un gouvernement de cohabitation, avec Macron comme président. »

Un premier « depuis Vichy France ?

« Jusqu’à présent, il était impensable qu’un gouvernement d’extrême droite puisse arriver en Francesouviens-toi CNN. Dans le passé, les partis d’opposition ont conclu des « mariages de convenance » avec la majorité afin d’empêcher le RN – autrefois appelé Front national – d’accéder au pouvoir. » Désormais, Jordan Bardella, 28 ans, président du parti d’extrême droite, pourrait devenir « le plus jeune Premier ministre d’Europe depuis près de 200 ans ». Emmanuel Macron risque ainsi de devoir partager le pouvoir « avec le premier gouvernement d’extrême droite depuis Vichy France »souligne même le quotidien américain le journal Wall Street.

« Il n’y a plus de honte à voter pour un parti rebaptisé par (Marine Le Pen) en 2018 ‘Rassemblement national’ »expliqué Le spectateur avant même que les résultats du premier tour ne soient annoncés. Grâce à la stratégie de « dé-diabolisation » Créé année après année par Marine Le Pen, le parti rassemble.« Jamais un parti politique n’a aussi bien porté son nom » affirme même l’hebdomadaire conservateur britannique.

Une affirmation confirmée par diverses informations dans la presse étrangère. A Provins, en Seine-et-Marne, Le miroir raconte comment il est devenu presque banal de voter pour le parti d’extrême droite. « Nous devrions essayer le RN, nous ne l’avons jamais essayé. » Les gens disent cela calmement, comme s’ils choisissaient des pâtes au supermarché. « Ah, regarde, ce macaroni marron, c’est quelque chose de nouveau. Nous ne l’avons encore jamais essayé.

Même son de cloche du côté de L’Avant-garde, qui est allé dans l’Aisne, où l’extrême droite « conquiert des territoires et des couches sociales de plus en plus vastes ». « Quand j’étais jeune, j’étais militant socialiste et je sortais même le soir pour coller des affiches », Bernard, un enseignant à la retraite de 79 ans, s’explique au journal espagnol. « J’ai voté pour François Mitterrand et même une fois pour Mélenchon. Maintenant, je suis passé au RN.

À Toulon, Le Washington Post a rencontré Charley Lenzini, 89 ans, qui a toujours voté pour le Parti socialiste mais qui s’apprêtait pour la première fois à voter pour le parti d’extrême droite. « Si quelqu’un vient manger en France parce qu’il meurt de faim, c’est compréhensible, il expliqua. Mais lui permettre d’emmener son père, son grand-père et ses cousins ​​n’est pas normal.