Hélène Darroze revient sur cette remarque misogyne de Paul Bocuse

TÉLÉVISION – « Les femmes à la maison et les hommes dans les grands restaurants, c’est complètement ringard ! » se souvient Hélène Darroze. Alors que M6 fêtait ses 15 ans Excellent chef dans son émission du mercredi 15 mai, rappelant d’anciens candidats pour montrer les progrès réalisés, l’INA a confronté le membre emblématique du jury à son propre début de carrière.

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Dans une vidéo mise en ligne au même moment, l’INA interrogeait la dirigeante sur la misogynie à laquelle elle devait faire face. On la voit notamment dans un extrait de France 2 de 2004 dans lequel elle est interviewée par Benoît Duquesne. Le journaliste demande à celui qui est alors « une des deux femmes chefs en France à avoir obtenu deux étoiles au guide Michelin » pour revenir sur les propos tenus par Paul Bocuse.

« Si les femmes n’avaient pas leur place dans la cuisine, c’était parce qu’elles manquaient d’imagination et qu’elle faisait la cuisine de leur mère », la légende de la gastronomie française déclarée un jour. Hélène Darroze a alors répondu en le blanchissant et en assurant que Paul Bocuse encourageait  » énormément «  les jeunes chefs les aiment. Une démarche appréciée par ce dernier, qui l’a remercié et s’est excusé personnellement. « Ça m’a beaucoup, beaucoup touché que M. Bocuse lui-même m’ait envoyé ce petit mot comme ça » confie aujourd’hui le juré de Excellent chef.

Toujours lors de cet entretien, Benoît Duquesne n’en démord pas et demande à Hélène Darroze si sa cuisine est aussi « imaginative que celle des grands chefs, dont on dit parfois qu’ils font de la chimie (…) ou est-ce plus proche de la cuisine de grand-mère ». « C’est très machiste, constate aujourd’hui Hélène Darroze. Mais bon, il y a aussi une part de vérité. Encore une fois, je m’appuie sur la cuisine de mes grands-mères et j’en suis fière. Et si cela se voit dans l’assiette, c’est tant mieux.. Ainsi, la chef étoilée continue d’affirmer son style, faisant de la cuisine de  » Grand-mère «  ses lettres de noblesse.

Un chef innovant

Hier comme aujourd’hui, Hélène Darroze décrit sa cuisine comme « généreux » OMS « s’attache au produit ». Ce leader pour qui la rigueur est une qualité essentielle a aussi su réinventer la manière de diriger une brigade, loin des clichés.

En 2004, lors d’un reportage pour l’INA son chef saucier Sébastien Dubrulle, vantait le climat instauré par son patron : « Le contact est vraiment différent. J’ai travaillé avec des patrons masculins qui ont toujours été assez virulents, assez violents au niveau des contacts. Et Hélène n’est pas du tout pour ce type de méthodes dites « à l’ancienne » ». Car pour elle, la communication est une clé importante pour obtenir cette rigueur, et pour cela il n’y a pas besoin de crier. « Il n’y a jamais un mot plus haut que l’autre (…) on se parle avec les yeux on se sourit » elle explique.

Si à l’époque, il était très compliqué d’imaginer qu’une femme puisse réussir dans ce domaine, Hélène Darroze a prouvé le contraire. Aujourd’hui, elle se réjouit de voir décoller la future génération de chefs. « Il y a tellement de jeunes femmes, et il y en a de plus en plus qui arrivent (…) ça me remplit d’optimisme ». Et pour l’instant, elle est en première ligne aussi bien dans ses cuisines qu’en Excellent chef pour former et voir évoluer ces nouveaux prodiges de la cuisine.

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